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Les blocs de compétences au RNCP

15 oct. 2024
13 min de lecture

Comment bien structurer, intituler et évaluer les blocs de compétences ?


La structuration en blocs de compétences est l'une des exigences les plus structurantes de l'ingénierie de certification professionnelle au RNCP. Depuis qu'elle est obligatoire pour toutes les certifications enregistrées sur demande (sauf exceptions pour certaines professions réglementées), elle génère aussi l'une des sources de non-conformité les plus fréquentes lors de l'instruction des dossiers par France Compétences. Intitulés trop vagues ou qui ressemblent à des noms de métier, blocs déséquilibrés avec un 'mega-bloc' central et des micro-blocs satellites, évaluations qui ne permettent pas de certifier indépendamment chaque bloc : les erreurs sont systématiques et évitables. Cet article décrypte les cinq éléments que France Compétences analyse systématiquement dans tout dossier comportant des blocs de compétences, et donne les clés pour concevoir une structuration robuste et conforme.


1. Le bloc de compétences : rappel de la définition légale et de ses implications

La définition du bloc de compétences est posée à l'article L. 6113-1 du Code du travail : 'Les certifications professionnelles sont constituées de blocs de compétences, ensembles homogènes et cohérents de compétences contribuant à l'exercice autonome d'une activité professionnelle et pouvant être évaluées et validées.'

Cette définition courte contient en réalité cinq principes structurants qui conditionnent toute la logique de conception des blocs. Les comprendre en profondeur permet d'éviter les erreurs les plus courantes.


Principe 1 : les blocs sont des parties d'une certification RNCP

Un bloc de compétences n'existe juridiquement que comme partie d'une certification professionnelle enregistrée au RNCP. Il n'a pas d'existence autonome en dehors de cette certification. Cela a une conséquence pratique importante : il est fortement déconseillé de faire la promotion de formations 'sur des blocs de compétences' en dehors du cadre d'une certification RNCP en cours de validité. Afficher 'formation sur le bloc X de la certification Y' alors que Y est arrivée à échéance expose l'organisme à des problèmes lors des contrôles.


Principe 2 : le bloc est constitué exclusivement de compétences professionnelles

Un bloc ne peut contenir que des compétences professionnelles — pas des connaissances théoriques générales, pas des compétences comportementales génériques détachées d'un contexte professionnel, pas des compétences transversales sans lien avec les activités du référentiel. Cette exigence d'exclusivité professionnelle signifie que chaque compétence du bloc doit pouvoir être rattachée à une ou plusieurs activités professionnelles décrites dans le référentiel d'activités de la certification.

Attention : des compétences transversales (communication, management, numérique...) peuvent figurer dans un bloc, mais uniquement si leur dimension professionnelle est établie en lien avec les activités du référentiel. Un bloc de 'compétences transversales' génériques, sans rattachement aux activités, n'est pas conforme.


Principe 3 : le bloc contribue à l'exercice autonome d'une activité professionnelle

C'est le principe le plus discriminant. Un bloc de compétences doit permettre à son titulaire d'exercer de manière autonome une activité professionnelle — c'est-à-dire que l'ensemble des compétences du bloc doit être suffisant pour réaliser cette activité complètement, sans avoir besoin des compétences des autres blocs. La notion d'autonomie implique la complétude : un bloc qui ne couvre que la moitié des compétences nécessaires à l'exercice d'une activité ne satisfait pas à ce principe.


Principe 4 : le bloc doit être évaluable et validable indépendamment

Chaque bloc doit faire l'objet d'une évaluation propre, avec des critères et des modalités qui lui sont spécifiques, permettant de certifier individuellement la maîtrise des compétences le constituant. Un bloc dont les compétences ne seraient évaluées que dans le cadre d'une évaluation globale de la certification — sans possibilité de les identifier et les valider séparément — ne respecte pas ce principe.


À l'issue de la réussite de l'évaluation, le bloc est validé et délivré à son titulaire. Il dispose d'un numéro d'enregistrement RNCP propre, distinct du numéro de la certification complète. Ce détail administratif est important : le certificateur doit émettre des parchemins spécifiques par bloc, pas uniquement un parchemin de certification complète.

 

Ce qu'un bloc de compétences N'est PAS :

  • Un bloc n'est pas un module de formation : il reflète des activités professionnelles, pas une découpage pédagogique.

  • Un bloc n'est pas une année d'études ou une période de formation : la progression temporelle de la formation n'est pas le critère de structuration en blocs.

  • Un bloc n'est pas une UE (Unité d'Enseignement) : les UE des diplômes universitaires et les blocs RNCP répondent à des logiques différentes.

  • Un bloc n'est pas une liste de connaissances : les compétences sont des capacités à agir en situation professionnelle, pas des savoirs théoriques.


 

2. Les 5 éléments que France Compétences analyse dans chaque dossier

Lors de l'instruction d'un dossier RNCP, la commission de France Compétences examine systématiquement cinq dimensions liées aux blocs de compétences. Connaître ces cinq points d'analyse permet de préparer un dossier solide et d'anticiper les demandes de clarification.

 

Point

Élément analyse par France Compétences

Ce que cela implique pour le certificateur

Erreurs fréquentes à éviter

1

L'intitulé du bloc de compétences

Formuler un intitulé lisible, en lien avec une activité professionnelle, permettant d'identifier la cohérence interne du bloc

Donner un nom de métier à un bloc (ex : 'Manager' ou 'Commercial') — l'intitulé doit refléter une activité, pas un poste

2

La liste de compétences professionnelles spécifiques au bloc

Les compétences doivent être homogènes entre elles, exclusivement professionnelles, et contribuer ensemble à l'exercice autonome d'une activité clairement identifiée

Regrouper des compétences hétérogènes sans logique commune, ou inclure des connaissances sans dimension professionnelle dans un bloc

3

Les modalités d'évaluation des compétences indiquées

Chaque bloc doit avoir ses propres modalités d'évaluation permettant de certifier individuellement la maîtrise des compétences le constituant

Prévoir une évaluation unique pour l'ensemble de la certification sans distinction par bloc, rendant impossible la validation partielle

4

La logique et la cohérence de structuration de la certification en blocs

La somme des blocs doit couvrir l'ensemble des compétences de la certification, et leur répartition doit être équilibrée — aucun bloc ne doit concentrer la majorité des compétences

Créer un seul 'mega-bloc' concentrant 80% des compétences et des micro-blocs satellites sans autonomie réelle

5

Les modalités d'obtention des blocs en vue de l'obtention de la certification

Préciser si l'obtention de la certification nécessite la validation de tous les blocs ou si certains sont optionnels, et les règles de capitalisation

Ne pas préciser la durée de validité d'un bloc validé, laissant les candidats dans l'incertitude sur la péremption de leurs acquis

 


3. Comment intituler un bloc de compétences : les règles et les pièges

L'intitulé d'un bloc de compétences est le premier élément que France Compétences examine — et c'est souvent le premier point de faiblesse des dossiers. Un bon intitulé est plus difficile à formuler qu'il n'y paraît, car il doit satisfaire à trois conditions simultanément.


Règle 1 : l'intitulé doit permettre l'identification de la cohérence du bloc

En lisant l'intitulé, un examinateur externe doit pouvoir comprendre ce que le bloc regroupe et pourquoi ces compétences sont réunies ensemble. L'intitulé doit 'raconter' la logique du bloc. Un intitulé comme 'Gérer les relations avec les fournisseurs et les partenaires logistiques' permet immédiatement d'identifier que le bloc porte sur une activité spécifique de gestion des flux amont dans un contexte de chaîne d'approvisionnement.


Règle 2 : l'intitulé doit être en lien avec l'activité professionnelle visée

L'intitulé doit refléter une activité professionnelle : quelque chose que le professionnel fait, pas quelque chose qu'il est. La distinction est simple : une activité se formule avec un verbe d'action ('gérer', 'concevoir', 'piloter', 'réaliser', 'analyser', 'communiquer'...) ; un nom de métier ou de fonction ne comporte pas de verbe et ne décrit pas une activité.

La bonne méthode consiste à partir du référentiel d'activités : quelles sont les grandes activités professionnelles que ce bloc vise à couvrir ? L'intitulé du bloc doit refléter ces activités.


Règle 3 : ne pas donner un nom de métier à un bloc

C'est la consigne la plus souvent enfreinte. Nommer un bloc 'Manager', 'Comptable', 'Technicien', 'Commercial', 'Coordinateur'... est une non-conformité clairement identifiée par France Compétences. Ces intitulés désignent des postes, des fonctions, des métiers et non pas des activités professionnelles. Un manager réalise des activités de management (planifier, déléguer, évaluer, accompagner les collaborateurs...) : c'est ce qui doit figurer dans l'intitulé du bloc, pas le titre du poste.

 

Méthode pratique pour formuler un intitulé de bloc

  • Étape 1 : identifiez l'activité principale du bloc dans votre référentiel d'activités.

  • Étape 2 : formulez-la sous forme d'infinitif d'action + complément d'objet + contexte si utile. Ex : 'Concevoir et mettre en oeuvre des actions de communication numérique pour des cibles B2C'.

  • Étape 3 : testez l'intitulé : peut-on identifier, en le lisant seul, quelles compétences appartiennent au bloc et lesquelles n'en font pas partie ?

  • Étape 4 : vérifiez qu'il n'est pas un nom de métier, de poste ou de fonction.

  • Étape 5 : vérifiez la cohérence des intitulés entre eux : les blocs couvrent-ils ensemble l'ensemble du métier visé sans chevauchement évident ?

 

4. La cohérence et la logique de structuration : le critère le plus complexe

La logique et la cohérence de structuration de la certification en blocs est le critère le plus difficile à maîtriser, car il n'est pas visible bloc par bloc mais seulement à l'échelle de l'ensemble des blocs. France Compétences évalue la certification en regardant tous les blocs ensemble et en posant la question : 'Est-ce que cette structuration reflète fidèlement les grandes activités professionnelles du métier visé, de manière équilibrée et pertinente ?'


La question de l'équilibre : éviter le mega-bloc

Le Vademecum France Compétences est explicite : 'une structuration qui comporterait un bloc de compétences regroupant la grande majorité des compétences de la certification revient à rendre la logique de modularisation des blocs de compétences inopérante.' Un certificateur qui crée un bloc concentrant 70% des compétences et trois petits blocs d'appoint ne satisfait pas à l'exigence de structuration en blocs — il a simplement décanté quelques compétences marginales en blocs séparés.


Il n'existe pas de règle chiffrée sur le nombre de blocs ou le nombre de compétences par bloc. L'équilibre s'apprécie qualitativement : chaque bloc doit représenter une part substantielle et cohérente du métier, reflétant une activité professionnelle autonome et significative.


La question du périmètre : blocs et référentiel d'activités

La structuration en blocs ne se confond pas nécessairement avec le référentiel d'activités. Un référentiel d'activités identifie toutes les activités nécessaires à l'exercice de l'emploi type, souvent de manière fine. Un bloc de compétences, lui, est associé à une ou plusieurs activités dont l'exercice autonome prend sens au regard du marché du travail.

Concrètement, cela signifie qu'un bloc peut regrouper plusieurs activités du référentiel si ces activités forment un ensemble cohérent exerçable de manière autonome. Cela signifie aussi qu'un bloc peut ne pas épuiser le périmètre d'une activité si une partie de cette activité est plus naturellement rattachée à un autre bloc.


Le cas particulier des blocs de compétences transversales

Il est possible d'avoir un bloc spécifiquement composé de compétences transversales, à condition que la dimension professionnelle de ces compétences soit établie en lien avec les activités du référentiel. Un bloc 'Communiquer et collaborer dans un contexte professionnel numérique' peut être conforme si les compétences le composant sont directement liées aux activités professionnelles du référentiel et ne se réduisent pas à des compétences génériques de communication ou d'usage des outils numériques applicables à tous les métiers.

 

5. Les modalités d'évaluation des blocs : un point souvent sous-estimé

La question de l'évaluation des blocs est peut-être la moins bien maîtrisée par les certificateurs — et pourtant c'est celle qui a les conséquences les plus concrètes pour les candidats et pour la valeur juridique de la certification.


Chaque bloc doit avoir ses propres modalités d'évaluation

Le référentiel d'évaluation doit permettre d'individualiser l'évaluation certificative de chaque bloc de compétences afin de rendre l'acquisition progressive des blocs opérante et d'assurer leur caractère certifiant. Cela signifie que, dans le référentiel d'évaluation, chaque bloc doit avoir :

  • Des modalités d'évaluation propres (type d'épreuve : mise en situation, dossier, entretien, QCM... et conditions de réalisation).

  • Des critères d'évaluation spécifiques aux compétences du bloc (et pas des critères généraux applicables à l'ensemble de la certification).

  • Un jury ou une commission d'évaluation pouvant statuer sur la validation du bloc indépendamment des autres blocs.


Le cas des évaluations finales post-blocs

Certains certificateurs prévoient une évaluation finale qui intervient après la validation de tous les blocs, et dont la réussite est nécessaire pour obtenir la certification complète. Ce schéma est possible mais comporte un risque majeur : un candidat peut avoir validé tous les blocs et ne pas se voir délivrer la certification complète en cas d'échec à l'évaluation finale. Ce risque doit être clairement communiqué aux candidats.


Ce schéma n'est justifié que dans deux situations : soit les blocs ne comportent pas l'ensemble des compétences du référentiel (il reste des compétences évaluées uniquement en final) ; soit le jury mesure la maîtrise coordonnée de compétences relevant de plusieurs blocs, ce qui ne peut s'évaluer bloc par bloc. La modalité la plus adaptée pour cette évaluation finale est généralement un entretien avec le jury portant sur un mémoire ou une restitution d'expérience.


La question du jury des blocs vs jury de la certification complète

Il n'est pas toujours possible, pratiquement, d'avoir le même jury pour l'évaluation des blocs et pour la certification complète, notamment parce que les sessions d'évaluation des blocs peuvent être séparées dans le temps. Le Vademecum France Compétences prévoit ce cas : l'évaluation du bloc peut se faire via un jury de certification spécifique qui n'a pas nécessairement la même composition que le jury de la certification complète, mais qui doit respecter les garanties procédurales d'un jury de certification (impartialité, qualification, délibération...).

 

Non-conformités fréquentes sur l'évaluation des blocs

  • Prévoir une seule et unique épreuve finale qui évalue toutes les compétences de tous les blocs simultanément, sans possibilité d'isolation par bloc.

  • Mentionner des modalités d'évaluation dans le règlement de certification sans les formaliser dans le référentiel d'évaluation.

  • Ne pas préciser les critères de réussite spécifiques à chaque bloc (ex : 'toutes les compétences évaluées à un niveau suffisant' sans définir ce qu'est un niveau suffisant).

  • Ne pas prévoir de jury pour les blocs ou ne pas préciser comment le jury d'évaluation d'un bloc est constitué.

  • Conditionner la délivrance d'un bloc à la validation d'autres blocs sans que cela soit justifie par un prérequis explicite et nécessite.

 

6. Les blocs optionnels : une flexibilité encadrée

Il est possible de prévoir des blocs de compétences optionnels dans une certification RNCP. Mais cette flexibilité est strictement encadrée par le Vademecum France Compétences, qui définit quatre conditions que les blocs optionnels doivent nécessairement respecter.


Les 4 conditions pour les blocs optionnels

  1. Première condition : la certification doit comporter un coeur de blocs de compétences 'tronc commun' constituant la part majeure des compétences. Les blocs optionnels sont des spécialisations, pas le coeur de la certification.

  2. Deuxième condition : il doit exister au moins deux blocs optionnels, qui s'offrent comme alternative l'un à l'autre. Un seul bloc optionnel isolé ne constitue pas une logique de choix — France Compétences considère qu'une compétence supplémentaire isolée qui n'a pas de logique d'alternative avec un autre bloc devrait plutôt être enregistrée comme certification autonome au Répertoire Spécifique.

  3. Troisième condition : les blocs optionnels doivent permettre une logique de spécialisation cohérente avec l'objet de la certification. Les options ne peuvent pas être des extensions génériques sans lien avec le métier visé.

  4. Quatrième condition : le nombre d'options doit être limité pour ne pas faire perdre la lisibilité d'ensemble de la certification. Une certification avec dix blocs optionnels devient illisible et perd sa cohérence d'ensemble.


Ce que doivent contenir les blocs optionnels

Les blocs optionnels doivent être constitués de compétences professionnelles différenciantes du tronc commun, prenant sens dans un contexte d'emploi donné, et ne doivent pas se réduire à des connaissances complémentaires. Lors du dépôt ou du renouvellement, le certificateur doit justifier l'insertion de chaque option pour permettre d'apprécier son adéquation aux besoins en compétences du marché du travail.

 

7. La durée de validité des blocs : un point à formaliser

La durée de validité d'un bloc acquis, c'est-à-dire la période pendant laquelle un bloc validé reste valable dans le cadre d'un parcours d'acquisition progressive vers la certification complète, est un élément que les certificateurs doivent formaliser explicitement.

Le Vademecum est clair sur ce point : 'la durée de validité du bloc de compétences, dans le cadre d'un parcours d'acquisition de la certification professionnelle, doit être explicite et transparente.'

La raison est simple : une personne ayant validé un bloc doit pouvoir opérer un choix éclairé sur la suite de son parcours. Si la durée de validité n'est pas précisée, le candidat ne sait pas combien de temps ses acquis restent reconnus — ce qui peut décourager les parcours progressifs.

En pratique, la durée de validité d'un bloc est alignée sur la durée d'enregistrement de la certification : un bloc validé durant la période de validité de la certification reste valable jusqu'à l'échéance de l'enregistrement. Mais si la certification est renouvelée avec une évolution des blocs, la question du maintien ou de la conversion des blocs acquis sous l'ancienne version doit être explicitée dans le nouveau règlement de certification.

 

8. Tableau de bonnes et mauvaises pratiques

 

Caractéristique

Exemple CORRECT

Exemple INCORRECT (à éviter)

Intitulé du bloc

'Gérer les ressources humaines d'une équipe de production' — reflète une activité professionnelle identifiable

'Manager' — nom de métier, pas d'activité. Ou 'Bloc 1 : compétences clés' — aucun lien avec une activité professionnelle

Cohérence interne

Un bloc 'Prospecter et développer un portefeuille client' regroupe : identifier des prospects, réaliser des propositions commerciales, négocier, conclure et suivre les ventes

Un même bloc regroupe 'Prospecter des clients' + 'Gérer la comptabilité courante' — activités sans lien logique fort

Autonomie du bloc

Un titulaire de ce seul bloc est capable de mener une prospection commerciale complète, de manière autonome, sans les autres blocs

Un bloc qui ne contient que la moitié des compétences nécessaires pour réaliser l'activité : le titulaire ne peut pas exercer l'activité de manière autonome avec ce seul bloc

Équilibre de la structuration

4 blocs de 6 compétences chacun, tous contribuant de manière substantielle à la certification

1 bloc de 20 compétences et 3 blocs de 2 compétences : le mega-bloc rend la logique de modularisation inopérante

Évaluabilité indépendante

Chaque bloc a son propre référentiel d'évaluation, ses propres critères et peut faire l'objet d'un jury indépendant

L'unique épreuve finale évalue l'ensemble des compétences sans possibilité d'isoler la validation par bloc

 

9. Vérifications à effectuer avant le dépôt de votre dossier RNCP


Sur les intitulés

•       Chaque intitulé de bloc reflète-t-il une activité professionnelle (formule avec un verbe d'action) ?

•       Aucun intitulé n'est un nom de métier, de poste ou de fonction ?

•       En lisant les intitulés, peut-on identifier ce que chaque bloc couvre et comprendre la logique de structuration de l'ensemble ?


Sur la cohérence et l'équilibre

•       La somme des blocs couvre-t-elle l'ensemble des activités et compétences de la certification ?

•       Aucun bloc ne concentre la grande majorité des compétences de la certification ?

•       Chaque bloc est-il rattachable à une ou plusieurs activités professionnelles du référentiel d'activités ?

•       Les blocs de compétences transversales sont-ils explicitement liés aux activités du référentiel ?


Sur "l'évaluabilité" indépendante

•       Chaque bloc dispose-t-il de ses propres modalités d'évaluation dans le référentiel d'évaluation ?

•       Les critères de réussite sont-ils spécifiques à chaque bloc ?

•       Les modalités de jury pour les blocs sont-elles précisées (composition, rôle, délibération) ?

•       Si une évaluation finale post-blocs est prévue : sa justification est-elle explicite et le risque de non-délivrance de la certification complète malgré la validation de tous les blocs est-il communiqué au candidat ?


Sur les blocs optionnels (le cas échéant)

•       Y a-t-il un tronc commun représentant la part majeure des compétences ?

•       Y a-t-il au moins deux blocs optionnels formant une véritable alternative ?

•       Le nombre d'options est-il limité pour maintenir la lisibilité de la certification ?


Sur la durée de validité

•       La durée de validité des blocs acquis est-elle explicitée dans le règlement de certification ?

•       En cas de renouvellement avec évolution des blocs : la conversion des blocs acquis sous l'ancienne version est-elle précisée ?


En conclusion

La structuration en blocs de compétences est au coeur de l'ingénierie de certification professionnelle RNCP. Bien fait, un système de blocs robuste n'est pas seulement une exigence réglementaire, c'est un outil puissant qui rend la certification plus lisible, plus accessible (parcours progressifs, VAE partielle, parcours mixtes) et plus utile pour les actifs qui cherchent à valoriser leurs compétences.


La clé est de toujours raisonner depuis les activités professionnelles, pas depuis la progression pédagogique, pas depuis les intitulés de postes, pas depuis la commodité administrative. Un bon bloc est celui qui répond à la question : 'Un professionnel qui ne détient que ce bloc est-il capable d'exercer de manière autonome l'activité professionnelle que ce bloc vise ?' Si la réponse est oui, le bloc est bien conçu. Si la réponse est 'pas tout à fait', il faut retravailler sa complétude, sa cohérence interne, et son articulation avec les autres blocs.

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