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Les 9 critères d'enregistrement au RNCP

  • 29 oct. 2024
  • 13 min de lecture

Ce que France Compétences examine dans chaque dossier et comment y répondre.


L'enregistrement d'une certification au RNCP n'est pas un simple dépôt administratif — c'est une instruction approfondie réalisée par la commission de France Compétences sur la base de 9 critères précis, définis par l'article R. 6113-9 du Code du travail. Connaître ces critères dans le détail, comprendre ce qu'ils impliquent concrètement pour la construction du dossier, et savoir quels éléments de preuve chacun d'entre eux requiert : c'est ce qui distingue un dossier accepté au premier tour d'un dossier renvoyé en demande de clarification ou rejeté. Cet article passe en revue les 9 critères, explique ce que France Compétences vérifie pour chacun, et donne les clés pour construire un dossier solide — que ce soit pour un premier dépôt ou un renouvellement.


1. Le cadre légal et la procédure d'instruction

Les critères d'enregistrement au RNCP sur demande sont fixés par l'article R. 6113-9 du Code du travail. Ils s'appliquent aux titres à finalité professionnelle, aux Certificats de Qualification Professionnelle (CQP) et à toute certification professionnelle soumise à la procédure d'enregistrement sur demande auprès de France Compétences.


Ces critères ne s'appliquent pas de la même manière selon qu'il s'agit d'un premier dépôt ou d'un renouvellement : pour un premier dépôt, France Compétences peut accepter des données limitées sur les promotions de titulaires (la certification n'existe pas encore), mais exige une durée d'enregistrement réduite à 3 ans si les données disponibles ne portent que sur une seule année. Pour un renouvellement, l'ensemble des données de la période d'enregistrement doit être mobilisé.


Comment se déroule l'instruction ?

Le dossier est déposé en ligne sur la plateforme de France Compétences. Il est ensuite instruit par les services de France Compétences, qui peuvent demander des pièces complémentaires. L'instruction aboutit à une recommandation soumise à la commission de certification professionnelle de France Compétences, qui délibère et rend sa décision (enregistrement, refus, enregistrement conditionnel...). Le demandeur est informé de la décision, avec les motifs en cas de refus ou de conditions.

 


2. Vue d'ensemble : les 9 critères et leur portée

 

Intitulé du critère

Ce que France Compétences vérifie concrètement

1er dépôt

Renouvellement

1

Adéquation des emplois occupés par rapport au métier visé

Les titulaires de la certification occupent-ils effectivement des emplois correspondant au métier visé ? (enquêtes cohortes, taux d'insertion métier)

Oui (données limitées acceptées)

Oui (données sur toutes les promotions)

2

Impact en matière d'accès ou de retour à l'emploi

La certification améliore-t-elle réellement les perspectives d'accès ou de retour à l'emploi de ses titulaires ? (taux d'insertion global et comparé à certifications similaires)

Oui

Oui (comparatif certifications proches)

3

Qualité des référentiels d'activités, de compétences et d'évaluation

RAC, RC et RE sont-ils cohérents entre eux, basés sur une analyse des situations de travail, intégrant les transitions écologique et numérique, la santé/sécurité et le handicap ?

Oui

Oui (actualisation attendue)

4

Procédures de contrôle de l'organisation des épreuves d'évaluation

Le certificateur a-t-il mis en place des procédures garantissant l'uniformité, l'équité et la traçabilité des épreuves sur l'ensemble de son réseau de partenaires ?

Oui

Oui (bilan des contrôles effectués)

5

Prise en compte des contraintes légales et réglementaires

Y a-t-il des obligations réglementaires spécifiques pour exercer le métier visé (habilitations, agrément, autorisation...) ? Sont-elles intégrées dans les référentiels ?

Oui

Oui (mises à jour si nouvelles réglementations)

6

Possibilité d'accéder à la certification par la VAE

Le dispositif VAE est-il effectivement ouvert et opérationnel ? (règlement de certification, dossier de validation, jury adapté, historique de demandes traitées)

Oui (dispositif à mettre en place)

Oui (bilan des parcours VAE)

7

Cohérence des blocs de compétences et de leurs modalités spécifiques d'évaluation

Les blocs sont-ils homogènes, cohérents, évaluables indépendamment, autonomes et structurés de manière équilibrée ? Les évaluations permettent-elles la validation par bloc ?

Oui

Oui (évolution et bilan de mobilisation)

8

Cohérence des correspondances avec des certifications équivalentes (le cas échéant)

Si des correspondances/équivalences avec d'autres certifications ont été mises en place, sont-elles cohérentes et documentées ? (approche par activités + approche par compétences)

Le cas échéant

Le cas échéant (évolutions depuis dernier enregistrement)

9

Modalités d'association des CPNE de branches professionnelles (le cas échéant)

Si la certification est liée à une branche professionnelle, les CPNE ont-elles été associées à l'élaboration ou la validation des référentiels ?

Le cas échéant

Le cas échéant

 

3. Critère 1 : l'adéquation des emplois occupés au métier visé

Le premier critère porte sur la cohérence entre le métier visé par la certification et les emplois réellement occupés par les titulaires. Il ne suffit pas d'affirmer que votre certification prépare à un métier : France Compétences vérifie que les personnes qui ont obtenu la certification occupent effectivement des postes en lien avec ce métier.

Ce critère s'appuie sur l'analyse des promotions de titulaires : les enquêtes de suivi à 6 mois que le certificateur réalise auprès de ses anciens stagiaires. L'indicateur clé est le taux d'insertion dans le métier visé, calculé comme suit : nombre de répondants dans le métier visé (hors personnes neutralisées du calcul) / nombre total de répondants (hors personnes neutralisées). Les personnes neutralisées du calcul sont celles en poursuites d'études, en contrats en alternance, et celles en impossibilité temporaire ou définitive d'exercer un emploi.


Ce qui est vérifié concrètement

France Compétences compare ce taux avec celui d'autres certifications visant des métiers similaires ou proches. Si votre certification affiche un taux d'insertion métier significativement inférieur à la moyenne des certifications comparables, la commission peut demander une explication, réduire la durée d'enregistrement, ou refuser le renouvellement.

La question centrale que pose ce critère est : 'La certification est-elle en adéquation avec le marché du travail ?' Un taux d'insertion métier bas peut signaler que le référentiel est déconnecté des emplois réels, que le périmètre du métier visé est trop large ou trop étroit, ou que la certification souffre d'un problème de reconnaissance par les employeurs.

 

4. Critère 2 : l'impact sur l'accès ou le retour à l'emploi

Le deuxième critère est complémentaire du premier : il ne s'agit plus de vérifier si les titulaires travaillent dans le bon métier, mais si la certification leur a effectivement permis d'accéder ou de revenir à l'emploi. L'indicateur clé ici est le taux d'insertion global dans l'emploi — toutes catégories d'emploi confondues, pas uniquement dans le métier visé.

Ce critère est particulièrement important pour les certifications visant des publics éloignés de l'emploi (demandeurs d'emploi de longue durée, reconvertis, seniors...) pour lesquels la certification a une valeur de 'tremplin'. France Compétences compare ce taux avec celui de certifications visant des métiers similaires ou proches — ce qui implique que le certificateur doit non seulement connaître ses propres taux, mais aussi être en mesure d'identifier les certifications comparables et leurs résultats.


Données et sources pour ce critère

Les enquêtes de suivi à 6 mois sont la source principale. Elles doivent être réalisées de manière systématique, avec un taux de réponse suffisamment élevé pour être représentatif. France Compétences vérifie la qualité méthodologique des enquêtes (comment les non-répondants sont-ils traités ? Le calcul des personnes neutralisées est-il correct ?). Une enquête réalisée sur moins de 30 % des titulaires avec des données sur une seule année sera considérée comme peu solide.

 

5. Critère 3 : la qualité des référentiels, le cœur de l'ingénierie

Le troisième critère est souvent le plus long à instruire et celui qui génère le plus de demandes de clarification : il porte sur la qualité des trois référentiels (d'activités, de compétences et d'évaluation) et leur cohérence d'ensemble. C'est le cœur de l'ingénierie de certification.


La cohérence des trois référentiels entre eux

Les trois référentiels ne peuvent pas être conçus indépendamment : ils doivent former un système cohérent. Le référentiel d'activités (RAC) décrit les activités professionnelles caractéristiques de l'emploi type. Le référentiel de compétences (RC) identifie les compétences qui découlent de ces activités. Le référentiel d'évaluation (RE) définit comment ces compétences sont évaluées et certifiées. Toute compétence présente dans le RC doit être évaluée dans le RE ; le RE ne doit pas évaluer des compétences absentes du RC ; les évaluations doivent créer des mises en situation cohérentes avec les activités du RAC.


Les 4 thématiques transversales obligatoires

Depuis la loi du 5 septembre 2018 et ses textes d'application, les référentiels doivent intégrer, selon la nature du métier, les effets de quatre thématiques transversales :

  • Les effets de la transition écologique sur les compétences et connaissances nécessaires à l'exercice du métier visé (fiche pratique n°22 du Vade-mecum).

  • Les effets de la transition numérique sur les compétences et connaissances nécessaires à l'exercice du métier visé (fiche pratique n°23).

  • Les principes de prévention en matière de santé et de sécurité au travail (fiche pratique n°24).

  • Les compétences liées à la prise en compte des situations de handicap, de l'accessibilité et de la conception universelle (fiche pratique n°21).

  • L'intégration de ces thématiques n'est pas systématique pour tous les métiers : elle est proportionnelle aux impacts de chaque thématique sur les activités du métier visé. Mais France Compétences attend que chaque dossier mentionne explicitement comment ces thématiques ont été analysées et comment elles ont été intégrées ou non dans les référentiels.

 

⚠  Erreurs fréquentes sur le critère 3

  • Référentiels non articulés entre eux : des compétences dans le RC qui ne correspondent à aucune activité du RAC, ou des évaluations dans le RE qui portent sur des situations absentes du RAC.

  • Omission des thématiques transversales : ne pas mentionner pourquoi la transition écologique ou le handicap n'ont pas été intégrés (même si c'est justifié, le silence est interprété comme un oubli).

  • RC formulé en termes de savoirs (connaître, savoir que...) plutôt que de compétences (être capable de, mettre en œuvre...).

  • RE avec des critères d'évaluation trop vagues ('évaluation satisfaisante', 'niveau suffisant') sans définition précise du seuil de réussite.

 

6. Critère 4 : les procédures de contrôle des épreuves d'évaluation

Le quatrième critère concerne la gouvernance du processus d'évaluation : le certificateur met-il en place des procédures garantissant l'uniformité, l'équité et la traçabilité des épreuves sur l'ensemble de son réseau ? Ce critère est directement lié à la qualité de la certification délivrée : une certification dont les épreuves sont organisées de manière très variable d'un partenaire à l'autre, sans contrôle, perd en crédibilité.

France Compétences vérifie ici l'existence et l'effectivité de procédures formalisées : règlement de certification, convention de partenariat avec les organismes préparant les candidats, grilles d'évaluation standardisées, composition du jury conforme aux règles, PV de jury, traitement des recours, et — depuis le décret du 6 juin 2025 — la réalité des moyens techniques, pédagogiques et d'encadrement mis en œuvre pour préparer les candidats.


Le contrôle des partenaires

Pour les certifications déployées en réseau de partenaires habilités, France Compétences attend que le certificateur réalise des contrôles réguliers de ses partenaires. Ces contrôles peuvent prendre différentes formes : visites sur site, audits documentaires, observations d'épreuves, enquêtes de satisfaction des candidats. L'essentiel est qu'ils soient tracés et que leurs résultats soient exploités dans une logique d'amélioration continue documentée dans les conseils de perfectionnement.

 

7. Critère 5 : la prise en compte des contraintes légales et réglementaires

Ce cinquième critère concerne les métiers réglementés ou soumis à des obligations spécifiques : habilitations, agréments, certifications obligatoires, qualifications requises par la loi ou des normes professionnelles.


Pour ces métiers, le certificateur doit démontrer que les référentiels intègrent ces contraintes et que le dispositif de certification en tient compte.

La question pratique est : 'Pour exercer le métier visé par cette certification, y a-t-il des obligations légales ou réglementaires préalables ou concomitantes ?' Si oui, elles doivent être identifiées, documentées, et intégrées dans les référentiels et le règlement de certification. Par exemple : un titre de conducteur de travaux doit intégrer les compétences liées aux obligations du code du travail sur la prévention des risques professionnels sur chantier ; une certification d'auxiliaire vétérinaire doit tenir compte des obligations liées au contexte réglementé des produits vétérinaires.


Ce critère implique une veille réglementaire active du certificateur pendant toute la durée de l'enregistrement — si de nouvelles obligations réglementaires affectent le métier visé en cours de période, il doit en tenir compte et mettre à jour les référentiels lors du renouvellement.

 

8. Critère 6 : la possibilité d'accéder à la certification par la VAE

La VAE (Validation des Acquis de l'Expérience) est une obligation légale pour toute certification enregistrée au RNCP : le certificateur doit impérativement ouvrir l'accès à la certification par cette voie. Ce n'est pas une option — un dossier qui ne prévoit pas de dispositif VAE ne satisfait pas au critère 6.

Pour le premier dépôt, il s'agit de démontrer que le dispositif VAE est prévu et opérationnel : section dédiée dans le règlement de certification, dossier de validation (livret 2) articulé avec le référentiel de compétences, procédure de recevabilité conforme au Code du travail, composition du jury adapté à la VAE. Pour le renouvellement, il faut en plus fournir un bilan des parcours VAE sur la période : nombre de demandes de recevabilité reçues, nombre de recevabilités prononcées, nombre de validations totales et partielles, taux de réussite.


VAE et blocs de compétences depuis 2022

Depuis la loi du 21 décembre 2022, la VAE peut être réalisée bloc par bloc — le candidat n'est plus obligé de viser la certification complète. Cette évolution a des implications directes pour le dispositif VAE du certificateur : le dossier de validation doit permettre une recevabilité et une évaluation par blocs, le jury doit pouvoir statuer sur chaque bloc indépendamment, et le règlement de certification doit prévoir les modalités de validation partielle et de parcours mixtes.

 

Conseil pratique : anticiper les données VAE pour le renouvellement

  • Même si votre certification reçoit peu de demandes VAE, tracez systématiquement chaque demande : date de réception, décision de recevabilité, motif en cas de non-recevabilité, issue de la validation.

  • Si vous n'avez reçu aucune demande VAE sur la période, expliquez pourquoi (secteur peu mature sur la VAE, activité de communication insuffisante, certification trop récente...).

  • Une certification qui n'a jamais eu de demande VAE sur 5 ans soulève des questions sur l'effectivité du dispositif. Prévoyez un plan d'action pour développer cette voie d'accès.

 

9. Critère 7 : la cohérence des blocs de compétences

Ce septième critère est directement lié à la structuration en blocs abordée dans un article dédié. France Compétences vérifie cinq dimensions :

  1. l'intitulé du bloc (en lien avec une activité professionnelle, pas un nom de métier),

  2. la liste de compétences professionnelles spécifiques au bloc (homogènes, cohérentes, exclusivement professionnelles),

  3. les modalités d'évaluation des compétences du bloc (propres à chaque bloc, permettant une validation indépendante),

  4. la logique et la cohérence de structuration d'ensemble (pas de méga-bloc, pas de blocs satellites sans autonomie),

  5. les modalités d'obtention des blocs en vue de l'obtention de la certification complète (capitalisation, prérequis inter-blocs si justifiés, durée de validité des blocs).


Pour le renouvellement, un élément supplémentaire s'ajoute : le bilan de la mobilisation autonome des blocs (validations partielles, parcours progressifs, mobilisation pour actualisation des compétences). Ce bilan est analysé quantitativement (taux de présentation et d'obtention par bloc) et qualitativement (les blocs ont-ils permis l'insertion ? La structuration est-elle pertinente ?).

 

10. Critères 8 et 9 : correspondances et CPNE


Critère 8 : cohérence des correspondances avec des certifications équivalentes

Le critère 8 ne s'applique que si le certificateur a mis en place des correspondances totales ou partielles avec d'autres certifications professionnelles de même niveau. Ces correspondances permettent de reconnaître qu'un candidat titulaire d'une certification A peut bénéficier d'une dispense ou d'une équivalence pour un ou plusieurs blocs d'une certification B.

France Compétences vérifie que ces correspondances sont cohérentes — c'est-à-dire qu'elles reposent sur une analyse effective des activités et des compétences des deux certifications. Une correspondance déclarée sans analyse approfondie des référentiels des deux certifications n'est pas conforme. À noter que les différences de modalités d'évaluation ne doivent pas justifier l'absence de correspondance : ce sont les activités et les compétences qui priment.


Critère 9 : modalités d'association des CPNE

Le critère 9 ne concerne que les certifications liées à des branches professionnelles — notamment les CQP (Certificats de Qualification Professionnelle) et les certifications dont les référentiels sont élaborés en lien avec des branches. Les Commissions Paritaires Nationales de l'Emploi (CPNE) sont les instances paritaires de branches qui regroupent les représentants des employeurs et des salariés.

Pour ces certifications, France Compétences attend que les CPNE aient été associées à l'élaboration ou à la validation des référentiels. Cette association doit être documentée : PV de réunion de la CPNE validant les référentiels, lettre d'accord, liste des membres consultés, dates de consultation. Une consultation superficielle ou postérieure à la finalisation des référentiels n'est pas conforme à l'esprit de ce critère.

 

11. Check-list de préparation du dossier : les éléments de preuve par critère

 

Crit.

Document ou élément de preuve attendu

Délai de préparation recommandé

1 + 2

Enquête de suivi des cohortes à 6 mois (taux d'insertion métier et taux global). Pour le renouvellement : données sur l'ensemble des promotions de la période d'enregistrement

En continu depuis le début de l'enregistrement. Lancer l'enquête à 6 mois de manière systématique après chaque session de jury

3

Référentiel d'activités (RAC), référentiel de compétences (RC) et référentiel d'évaluation (RE) cohérents entre eux, articulés avec les situations de travail et intégrant les 4 thématiques transversales obligatoires

Mise à jour itérative tout au long de la période d'enregistrement, via le conseil de perfectionnement

4

Procédures de contrôle des épreuves : convention de partenariat, règlement de certification, PV de jury, grilles d'évaluation, comptes-rendus de contrôles réalisés auprès des partenaires

Mettre en place dès la fin du premier jury. Archiver systématiquement. Pour le renouvellement : bilan des contrôles sur toute la période

5

Cartographie des obligations réglementaires du métier visé (habilitations, agréments, certifications obligatoires...) et intégration dans le référentiel. Veille réglementaire documentée

À réaliser lors de la conception du référentiel. Veille à maintenir pendant toute la période d'enregistrement

6

Section VAE du règlement de certification, dossier de validation (livret 2) articulé avec le RC, procédure de recevabilité conforme, bilan des parcours VAE

À mettre en place avant le premier dépôt. Pour le renouvellement : bilan chiffré des parcours VAE sur la période

7

Structuration en blocs conforme (intitulés, cohérence, équilibre, évaluabilité indépendante), modalités d'évaluation par bloc, bilan de mobilisation autonome des blocs pour le renouvellement

En continu. Tracer la délivrance par bloc dès le premier jury. Pour le renouvellement : bilan quantitatif et qualitatif de la mobilisation des blocs

8

Le cas échéant : tableau de correspondances avec les certifications identifiées, justification par les activités et les compétences, accords formels si correspondances mutuelles

Si des correspondances sont envisagées : engager la démarche 12 mois avant le dépôt pour avoir le temps de la formaliser

9

Le cas échéant : PV de CPNE ou de commission paritaire validant les référentiels, lettres d'accord, listes de membres consultés, dates de consultation

Pour les CQP et certifications de branches : consulter les CPNE bien en amont du dépôt, idéalement 6 mois avant

 

12. Les erreurs les plus fréquentes dans les dossiers


Des taux d'insertion sans contexte

Présenter un taux d'insertion de 75 % sans préciser la méthodologie de l'enquête, le taux de réponse, la période de référence, et sans comparaison avec des certifications proches ne satisfait pas aux critères 1 et 2. France Compétences ne se contente pas du chiffre — elle veut comprendre comment il a été produit et ce qu'il signifie dans le contexte du marché du travail.


Des référentiels sans intégration des thématiques transversales

L'omission de tout commentaire sur la transition écologique, numérique, la santé-sécurité ou le handicap dans les référentiels est systématiquement relevée. Même si ces thématiques ont un impact minimal sur le métier visé, le dossier doit expliquer pourquoi leur impact est limité — pas simplement les ignorer.


Un dispositif VAE 'de papier'

Un règlement de certification qui prévoit la VAE en une phrase sans dossier de validation, sans procédure de recevabilité détaillée, et surtout sans historique de demandes traitées lors du renouvellement fragilise considérablement le dossier. La VAE doit être un dispositif effectivement ouvert et actif, pas une case cochée.


Des blocs non évaluables indépendamment

Le critère 7 est souvent sous-estimé. Prévoir une épreuve finale unique qui évalue toutes les compétences de tous les blocs sans distinction rend impossible la validation partielle par blocs — ce qui contrevient à l'obligation légale de permettre l'acquisition progressive des blocs.

 

 

En conclusion

Les 9 critères d'enregistrement au RNCP forment un cadre cohérent qui reflète ce qu'une certification professionnelle de qualité doit être : ancrée dans les besoins réels du marché de l'emploi (critères 1, 2 et 5), robuste sur le plan de l'ingénierie (critère 3), fiable dans son organisation et son contrôle (critère 4), accessible à tous les actifs (critère 6), lisible et modulaire (critère 7), et correctement positionnée dans le paysage des certifications (critères 8 et 9).


Aborder un dépôt ou un renouvellement en ayant une vision claire de ces 9 critères et des éléments de preuve attendus pour chacun, c'est transformer ce qui peut sembler une procédure administrative lourde en un véritable exercice de management de la qualité de la certification. Les certificateurs qui font ce travail de manière rigoureuse et continue — pas uniquement dans les mois qui précèdent le dépôt — sont ceux qui obtiennent des enregistrements solides et durables.

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